Tous les deux ans, les laïcs dominicains se retrouvent dans une ville de la Province de France. Nous étions une dizaine de la région Hauts-de-France à participer à cette session 2025. Cette année, nos amis et frères strasbourgeois nous ont réservé un vibrant accueil, dont l’engagement à nous faire connaître, comprendre et partager leur amour de leur ville, de leur région, de l’Europe, fut le plus édifiant témoignage d’un désir de fraternité à l’œuvre au plus intime de chaque cœur.

Unis dans la prière, réunis dans le désir de comprendre notre monde et d’y apporter notre parole chrétienne, dans le charisme dominicain, ces journées sont toujours l’occasion de nous souvenir que l’unité dans la diversité est possible, quelles que soient nos origines et quel que soit notre âge.

Les thèmes des conférences sur l’unité de l’Europe, les enjeux philosophiques de la fin de vie, la question du modèle démocratique face à la montée des populismes questionnaient toutes, en réalité, le sens de la vie humaine, de l’homme en tant qu’être de relation, qu’il s’agisse de son rapport à lui-même, à l’autre, à la société, à Dieu. Ce fut ainsi l’occasion d’échanger sur cette ligne de crête chrétienne. Ce fut également la possibilité de partager en vérité sur ce désarroi qui parfois nous étreint d’un quotidien où nous observons, avec ce sentiment de terrible impuissance, que certains soufflent sur les braises de toutes les divisions jusqu’à faire l’apologie implicite de la mort qui vaut mieux que la vie, plongeant certains de nos concitoyens dans une effrayante solitude.

Mais, « O mort, où est ta victoire ? » peut-on lire dans 1 Co 15, 54b-55 ! Vivre de telles journées ensemble, dans la prière et dans l’étude approfondie des grandes questions et tensions de notre temps, c’est comprendre et embrasser le lien de vie qui nous est donné et qui nous unit en Christ. À l’instar de ces premières communautés chrétiennes, nous tirons notre force dans la prière et la fraternité de nos communautés et fraternités locales.

Pourtant, la vocation du Salut dans lequel nous croyons est universelle. Or, nous pouvons souvent avoir le sentiment d’être des îles posées dans un océan d’indifférence quand il ne s’agit pas d’hostilité. Pourtant, ce siècle, dans lequel nous devons vivre et que nous devons apprendre à aimer, nous offre aussi la possibilité de relier ces îles que nous formons en fraternités, en région, en province, jusqu’à former un réseau, qui certes nous soutient mais épaule aussi dans l’union de nos prières et le silence de nos cœurs, nos frères et sœurs en humanité, pour lesquels nous tentons humblement d’intercéder. Car la foi sauve, nous le professons. Alors, proclamons-la et vivons-la, ensemble, dans la plénitude d’une vie qui nous est donnée en abondance !

Christine Trotignon, fraternité Las Casas de Lille