Le centre Saint Thomas de Strasbourg, dont on peut supposer qu’il est sous l’égide de Saint Thomas Apôtre, s’est rempli, aux Estivales de fin août 2025, d’admirateurs de Saint Thomas d’Aquin. Situé dans le quartier de la Robertsau, un quartier vert, entouré de jardins et même proche d’un parc de daims, ce centre s’est révélé le lieu idéal pour quelques jours d’amitié, de prière et de réflexion. Une soixantaine de laïcs dominicains de la province de France, dont deux Suédoises et une Suissesse, se sont réunis autour du thème « Des terrains où promouvoir l’espérance ».

Nous logions à quelques centaines de mètres du Parlement européen que nous avons rejoint à pied. Avant d’entrer dans l’espace Louise Weiss, il a fallu montrer patte blanche ! Nos documents d’identité ont été scannés, nos sacs inspectés. Une fois arrivés dans l’ellipse centrale, nous avons admiré l’architecture de pierres roses, l’axe qui mène à l’entrée, la flèche de granit qui indique la cathédrale et aussi la « Terre unie », globe de verre installé par les deux artistes polonais Beata et Tomasz Urbanowicz.

Monsieur François Brunagel, fonctionnaire européen maintenant en retraite, ancien chef du protocole, ami du frère Bernard Senelle, nous a conduits dans l’aula de la salle Weiss, bien climatisée, et nous a expliqué le fonctionnement du Conseil de l’Europe.
Cette visite intéressante, et même émouvante quand on regarde tous les drapeaux dont le dernier est celui de l’Ukraine, nous a touchés à des titres divers. Et même si nous ne sommes pas tous sensibles aux instances européennes, la photo de groupe a fait de cette visite un moment de fraternité.

Renée Azema, fraternité Fra Angelico de Lyon

On a vraiment expérimenté que les estivales ne sont pas simplement un moment d’étude, mais également un fort moment fraternel.

Quelle joie de découvrir, de partager avec les sœurs et les frères des autres régions de notre province !

Quelle joie d’accueillir les deux sœurs de Suède et notre sœur de Suisse !

Je repense à ce que nous a dit le frère Bruno Cadoré, à Lyon, en juin 2024 : « L’esprit dans lequel les divers groupes de laïcs dominicains sont appelés à vivre doit être et rester empreint de joie, de liberté et de simplicité ».

La réputation des alsaciens pour leur accueil chaleureux n’est plus à faire.

Cela a encore été prouvé !

De par le contexte de guerre que nous vivons, la visite du parlement européen a été aussi un moment fort. C’était émouvant de voir flotter le drapeau de l’Ukraine, à côté des 27 autres.

On a pu observer qu’au centre du parlement, la tour elliptique, évidée, de 60 mètres de hauteur, est échancrée en direction de la cathédrale ; un magnifique symbole.

Et lors de notre prière souterraine, dans la crypte de la cathédrale, ce lien m’a poussé à intercéder pour notre Union Européenne en perpétuelle construction et où nous sommes tous acteurs comme nous l’a dit le frère Bernard Senelle.

Notre prière a été itinérante : dans la crypte de la cathédrale de Strasbourg, dans le cœur de la collégiale Saint-Martin de Colmar, dans le couvent des Dominicains de Strasbourg, à l’image de saint Dominique qui parcourait les régions où il se trouvait.

Pascal et Christine Metz, fraternité Fra Angelico de Lyon

Les Estivales 2025, ou la conscience augmentée du réseau des Laïcs dominicains au service de l’Église et du monde !

Tous les deux ans, les laïcs dominicains se retrouvent dans une ville de la Province de France. Nous étions une dizaine de la région Hauts-de-France à participer à cette session 2025. Cette année, nos amis et frères strasbourgeois nous ont réservé un vibrant accueil, dont l’engagement à nous faire connaître, comprendre et partager leur amour de leur ville, de leur région, de l’Europe, fut le plus édifiant témoignage d’un désir de fraternité à l’œuvre au plus intime de chaque cœur.

Unis dans la prière, réunis dans le désir de comprendre notre monde et d’y apporter notre parole chrétienne, dans le charisme dominicain, ces journées sont toujours l’occasion de nous souvenir que l’unité dans la diversité est possible, quelles que soient nos origines et quel que soit notre âge.

Les thèmes des conférences sur l’unité de l’Europe, les enjeux philosophiques de la fin de vie, la question du modèle démocratique face à la montée des populismes questionnaient toutes, en réalité, le sens de la vie humaine, de l’homme en tant qu’être de relation, qu’il s’agisse de son rapport à lui-même, à l’autre, à la société, à Dieu. Ce fut ainsi l’occasion d’échanger sur cette ligne de crête chrétienne. Ce fut également la possibilité de partager en vérité sur ce désarroi qui parfois nous étreint d’un quotidien où nous observons, avec ce sentiment de terrible impuissance, que certains soufflent sur les braises de toutes les divisions jusqu’à faire l’apologie implicite de la mort qui vaut mieux que la vie, plongeant certains de nos concitoyens dans une effrayante solitude.

Mais, « O mort, où est ta victoire ? » peut-on lire dans 1 Co 15, 54b-55 ! Vivre de telles journées ensemble, dans la prière et dans l’étude approfondie des grandes questions et tensions de notre temps, c’est comprendre et embrasser le lien de vie qui nous est donné et qui nous unit en Christ. À l’instar de ces premières communautés chrétiennes, nous tirons notre force dans la prière et la fraternité de nos communautés et fraternités locales. Pourtant, la vocation du Salut dans lequel nous croyons est universelle. Or, nous pouvons souvent, avoir le sentiment d’être des îles posées dans un océan d’indifférence quand il ne s’agit pas d’hostilité. Pourtant, ce siècle, dans lequel nous devons vivre et que nous devons apprendre à aimer, nous offre aussi la possibilité de relier ces îles que nous formons en fraternités, en région, en province, jusqu’à former un réseau, qui certes nous soutient mais épaule aussi dans l’union de nos prières et le silence de nos cœurs, nos frères et sœurs en humanité, pour lesquels nous tentons humblement d’intercéder. Car la foi sauve, nous le professons. Alors, proclamons-la et vivons-la, ensemble, dans la plénitude d’une vie qui nous est donnée en abondance !

Christine Trotignon, fraternité Las Casas de Lille