Du jeudi 14 mai, Ascension du Seigneur, au dimanche 17 mai 2026, la fraternité Sainte-Marie-Madeleine a eu la joie de se retrouver à Kergallic pour la deuxième année consécutive. Si notre fraternité était réunie l’année dernière autour d’engagements temporaires et définitifs, nous avions réservé ces retrouvailles à Belle-Ile pour un autre temps fort de la vie d’une fraternité, à savoir l’élection de son nouveau responsable et de son conseil.

Dans le plus pur esprit des institutions léguées par saint Dominique, nous nous sommes rassemblés vendredi matin pour le tractatus, processus au cours duquel chaque membre présente ses motivations pour les responsabilités à pourvoir et, avant de passer la main au suivant, se met une dizaine de minutes à l’écart, le temps que chacun des autres membres restés présents expose son évaluation de l’adéquation entre le rôle à pourvoir et la personne qui vient de se retirer.  En l’occurrence, la météo fut assez clémente pour nous autoriser un tractatus en plein air, délicatesse que nous avons su apprécier pleinement !

Chouette, le tractatus !
C'est tout de suite plus sérieux

Après une après-midi à la plage ou en balade selon les envies de chacun, un excellent dîner préparé sous la conduite émérite de l’épouse de l’un des membres de la frat’,  les enfants couchés, nous avons pu procéder au vote en tant que tel, cette fois au coin d’un bon feu de cheminée car, pour clémente que fut la météo, le fond de l’air n’en était pas moins très, très frais ! Les membres ont ainsi élu leur nouveau responsable, ainsi que le nouveau conseil qui l’entourera au cours des trois prochaines années. Nous avons apprécié à cette occasion toute l’expérience humaine dont hérite notre Directoire, riche de 800 ans d’existence de l’Ordre, car le protocole de vote qui y est décrit, et que nous avons scrupuleusement mis en pratique, impressionne par sa rencontre réussie entre exigence démocratique et efficacité.

Prise de vue de bon matin
Prise de vue au crépuscule

Bien sûr, une rencontre de quatre jours des membres de notre fraternité, élargie aux conjoints et aux enfants, ne serait pas vraiment fraternelle sans les repas que nous avons toujours partagés tous ensemble ! Fraternité soudée par l’investissement systématique de tous les membres de la fraternité et des conjoints présents dans les tâches du quotidien, que ce soit aux fourneaux, à la vaisselle, aux courses, au service ou au ménage !

Une table au grand air quand le soleil se laisse découvrir !
Des enfants également pleinement investis dans leur rôle !

Alors oui, il y avait des enfants ! Et ils ont eu de quoi faire entre la grande pelouse, le sous-bois et la salle de méditation d’expression corporelle et artistique ! Phénomène intéressant, sans que nous y fûmes pour quoi que ce soit, les enfants se sont naturellement répartis en deux sous-groupes avec d’un côté les garçons qui se sont « éclatés » avec l’un de leurs aînés apprenti-paysagiste à construire une cabane, que dis-je, un véritable fortin imprenable en bois et, de l’autre, les filles qui se sont exercées à monter et à donner en représentation toute une pièce de théâtre autour de l’histoire de Joseph et de ses frères !

Ambiance Robin des Bois !
Le pharaon fait de Joseph son conseiller principal

Enfin, nous avons eu la grâce de partager ensemble trois messes au sein du petit comité que nous formions, toutes célébrées par notre assistant-religieux, maître des lieux, ancien doyen du Theologicum (Faculté de théologie et de sciences religieuses de l’Institut Catholique de Paris), au cours desquelles l’auteur de ces lignes aura conservé dans son cœur une nourriture pour le chemin :

  • Avec la messe de l’Ascension, cette promesse que Jésus nous faite et que nous devrions nous rappeler à chaque moment d’inquiétude « Et moi, je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin du monde » (Mt 28,20) et que, plaçant notre espérance en Jésus-Christ, c’est bien après lui que nous courons, et non après la gloire, la richesse ou le nombre de vues sur les réseaux sociaux ;
  • Avec la messe du vendredi où nous avons entendu Paul être livré au proconsul Gallion en Grèce (Ac 18,9-18), que nous devons apprendre à nous tenir en silence pour écouter et recevoir Dieu ;
  • Et enfin avec la messe du dimanche et la lecture exigeante de Jn 17,1b-11a qui nous introduit au mystère de la Trinité que, puisque « connaître, c’est rencontrer, voir, et finalement vouloir apprendre à connaître, vouloir re-connaître« , il nous faut « faire mémoire du moment où l’on a connu Dieu » comme le rappelait son ancien aumônier scout et que, reprenant l’image de la rivière pour parler de la Trinité, il nous faut nous laisser faire par Dieu comme le lit de la rivière se laisse creuser par la rivière elle-même, sans lui opposer nos résistances.
Des messes intergénérationnelles !

Gautier Bergeret, fraternité Sainte-Marie-Madeleine de Nantes