Je m’appelle Philippe de Monneron, et le 20 septembre dernier, j’ai été élu par mes frères et sœurs laïcs dominicains du Grand-Est responsable régional pour succéder à Pierre Dusserre, qui avait fait deux mandats successifs. Merci à lui ! Ceux qui ont été en responsabilité pendant les mêmes années se rendent compte du travail que cela a signifié, notamment pendant la période de COVID et la reconstruction qui a suivi, pour assurer le lien de fraternité entre les laïcs d’une région parfois très éloignés les uns des autres.

Peut-être faut-il commencer par me présenter brièvement : je suis marié avec Jeannette, et nous avons quatre enfants qui font notre bonheur… Je suis enseignant d’histoire-géographie dans le secondaire, actuellement en poste en Allemagne dans une école européenne. Dans deux ans, je reviendrai en région Bretagne et je ne pourrai donc pas faire la dernière année de mon mandat comme responsable régional.

C’est d’ailleurs en Bretagne que l’aventure a commencé pour moi, puisque j’ai intégré la Fraternité Pierre Claverie qui se réunit au monastère de Beaufort après avoir parlé, au sortir de nos messes de paroisse, avec Marie-Cécile Duchesne qui était alors presque ma voisine à Vitré. J’éprouvais depuis des années déjà la nécessité de marcher à la suite de Jésus en compagnie d’autres chrétiens, dans un lien plus intense que ce que la vie paroissiale me procurait – mais je n’avais aucune connaissance du laïcat dominicain. Je sentais juste qu’il me fallait être dans un mouvement bien enraciné dans la vie de l’Eglise. Le diocèse de Rennes offre de nombreuses possibilités de ce point de vue, et c’est en suivant simplement la suggestion de ma mère, qui avait l’habitude d’aller au Pèlerinage du Rosaire, que j’ai poussé la porte des Fraternités laïques dominicaines. Voyez comme le Seigneur agit par les parents !

J’ai eu immédiatement le sentiment d’être à l’aise, comme à la maison. Pourquoi donc aller chercher ailleurs, si cette impression de paix se maintenait ? Naturellement, les engagements temporaire et définitif (2018) ont suivi, sans que je ne me pose beaucoup de questions. Si je suis venu pour renforcer ma vie de prière, c’est la fraternité qui a été pour moi la plus grande grâce reçue dans l’ordre – d’autant que je ne l’attendais pas. Depuis maintenant un peu plus de dix ans, j’expérimente que le salut que Dieu nous destine est une affaire collective. Envisager les choses ainsi, c’est sortir d’une approche parfois inquiète sur son propre chemin, mais aussi assumer les missions pour les autres, et accepter ce que les autres m’apportent : nous sommes tous médiateurs de la grâce. C’est dans cet esprit que j’ai accepté mon élection : puisque Dieu l’a permise, pourquoi m’y opposer ? Merci de prier pour que je remplisse au mieux cette fonction pendant le temps où je reste dans le Grand Est !

Philippe de Monneron, responsable de la région Grand-Est