Des laïcs dans l’ordre des précheurs dominicains

Un ouvrage collectif de laïcs dominicains à l’occasion du 8ème centenaire de l’Ordre

Un livre pour comprendre la démarche de ces hommes et femmes engagés

 

Ce livre d’entretiens entre des laïcs dominicains, hommes et femmes engagés au sein de la cité (associations, culture, famille, politique, économie), et des personnes de la société civile est un dialogue à plusieurs voix sur des thèmes sociétaux ou spirituels contemporains majeurs.

Situés au cœur du monde, aux frontières, aux périphéries avec un réel souci de comprendre et de dialoguer avec le monde tel qu’il est pour l’aimer en vérité, les laïcs dominicains se risquent à l’exercice de la parole. Ce thème de la parole, cher aux dominicains, traverse le livre : parole écoutée, entendue, partagée, proclamée, muselée, parole des hommes et Parole de Dieu à annoncer en tout temps et tout lieu.

Ainsi, les laïcs dominicains donnent-ils à voir leur manière très particulière de participer à la mission de prédication de l’ordre des frères prêcheurs, leur manière propre de vivre leur baptême dans le monde d’aujourd’hui.

Michel Allibert, Arnaud Arcadia, Guy Aurenche, Estelle Courjaret, Jacqueline Cuche, Mgr Gérard Defois, Isabelle Donegani, Fabrice Espinasse, Elena Lasida, Philippe Le Vallois, Mireille Martin, Catherine Masson, Jean-Marie Petitclerc, Jean-Philippe Pierron, Michel Quesnel, Anne Soupa, Patrick Vincienne, Céline Weymann, Dominique Wolton et Jacques Tyrol, journaliste-pigiste.

Parole et Silence – 2016 – 238 pages.

Des laïcs chez les précheurs

Un livre de Catherine Masson
Edition du CERF, Collection Histoire.
304 pages - juin 2016

Tout le monde connaît Catherine de Sienne, mais qui sait qu’elle était une laïque dominicaine? Qui sont ces fameux « laïcs », hommes et femmes qui, tout au long de l’histoire de l’ordre des prêcheurs, ont collaboré au projet apostolique de saint Dominique ?
De leur présence aux côtés de saint Dominique, dès 1207, à leurs transformations au moment où l’Église est entrée dans la modernité, notamment au moment de Vatican II, en passant par leur reconnaissance en tant que tiers-ordre par le pape, en 1405, c’est la vie de ces laïcs dominicains que nous raconte, siècle après siècle, Catherine Masson. Sans rien oublier, de relations faites d’alliance et de méfiance avec Rome, de leur persévérance au milieu des troubles politiques et religieux, de leurs apports à l’évangélisation, souvent discrets
mais efficaces, l’historienne nous dessine un portrait total, vivant, de ces missionnaires courageux au service de
la Parole de Dieu.
Une contribution importante, érudite, pleine d’entrain à l’histoire de la chrétiens.

http://www.editionsducerf.fr/librairie/livre/17713/des-laics-chez-les-precheurs

Le laïcat vu par un laïc

Fraternité Laïque dominicaine

Les Fraternités sont un lieu de liberté de parole, où hommes et femmes peuvent dialoguer et faire avancer la réflexion et l'action de l'Eglise sur ses deux pieds

Nous avons à vivre tous les jours une inculturation dans notre temps

Les laïcs sont immergés dans ce monde de mutation technique, juridique, sociale, culturelle, ce monde de peur, d’incroyance, d’indifférence. Nous sommes entourés d’incroyants ou des mal-croyants, jusque dans nos familles, avec l’expérience de l’incroyance d’un enfant, du rejet de l’Eglise. Nous n’avons pas besoin d’aller vers l’incroyance : nous y sommes d’emblée.

Nous sommes présents aux lieux de décisions

Pas forcément dans des situations extraordinaires, mais dans le berceau concret de la famille, concernant la santé, la sexualité, le travail. Les décisions que nous devons prendre mettent en jeu la vision du monde que nous avons. C’est de nous laïcs que peut venir la présence chrétienne aux lieux de décision.

Dieu se rencontre dans l’expérience

Il ne se rencontre ni dans les discours, ni dans les théories, parce que la vérité ne se révèle que dans l’expérience. Or il y a des théologiens, des historiens, des philosophes parmi les laïcs, et tout laïc a de la vie, du travail, de la maladie, de la souffrance, des choix cruciaux de l’existence, une expérience singulière que personne ne peut éprouver à sa place, que le religieux, la religieuse ne peuvent vivre comme lui, tout simplement parce qu’ils ne sont pas mariés, parce qu’ils ne sont pas au travail comme lui.

Comme laïcs, nous vivons une solidarité avec ce monde

Il demeure une grande différence entre un prêtre-ouvrier ou un religieux qui choisissent le monde du travail, le monde de la pauvreté, et un laïc. Un laïc ne choisit pas : il est dans le bain, il ne peut pas en être autrement. En cas de problème de travail, le conjoint qui s’en va, l’argent qui manque pour manger, se chauffer, se loger, soigner ses enfants, il est le dos au mur. Le laïc sait ce que vivent les autres comme lui.

Ceux qui vivent la difficulté de la vie conjugale, les tentations, les séparations, la souffrance du divorce, ce sont des laïcs ! Là aussi il y a des choses à dire et à vivre qui ne pourront être dites et vécues que par des laïcs. Il en va de même pour la relation parents/enfants. L’Ordre réunit tous les états de vie : religieux, religieuses, laïcs, dans le respect mutuel de leur différence, sans confusion mais dans l’unité spirituelle. C’est une chance pour notre temps. La mission de prédication doit elle aussi être clairement confiée aux laïcs.

Paradoxalement, de tout cela il résulte que l’engagement d’un laïc est souvent ressenti comme plus interpellant que celui d’un religieux, parce que ce n’est pas son job.

Cette chance que représentent les laïcs pour l’Ordre, c’est aussi une chance pour l’Eglise entière. L’Ordre dominicain avec ses trois branches maîtresses religieux, religieuses, laïcs, peut illustrer ce qu’est le peuple de Dieu et donner corps à la théologie de Lumen Gentium.

D’après un article de Xavier Cuche